Retour sur la 11ème Journée de la Mine et des Mineurs.  
 

Avec cette 11ème édition de la Journée de la Mine, l’exposition permanente du carreau du Livet fêtait son 10ème anniversaire.
Inauguré en 1996 sur ce site acheté par la Commune, le lieu de mémoire de Saint-Germain n’a cessé d’évoluer et de s’enrichir au fil des années.
A force de volonté communale, d’engagement des bénévoles associatifs et d’émulation générée autour de ce projet, l’exposition est devenue « musée » et le site un véritable nouveau lieu d’animation et de découverte.
C’est pour montrer le chemin parcouru au cours de cette décennie que la Commune et son association partenaire « Mémoire de Fer » invitaient au Livet, ce 1er mai, tous ceux qui portent intérêt à cette démarche ambitieuse.
Pour marquer cet anniversaire et comme symbole de cette volonté qui ne faiblit pas, les organisateurs proposaient, au cours de la traditionnelle randonnée du matin, l’inauguration d’un tout nouveau sentier communal et celle d’une passerelle enjambant la Laize.
En effet, la collectivité propriétaire du site a toujours considéré que le développement du musée et son rayonnement touristique étaient étroitement liés à l’exploitation de son exceptionnel environnement naturel.
C’est dans cet esprit qu’elle a, petit à petit, rendu au public la jouissance du vaste domaine forestier entourant le carreau et qu’elle a ouvert plusieurs chemins communaux de promenade à travers cet espace, notamment le long de la rivière.
Afin d’élargir encore son offre, la Commune est devenue, récemment, propriétaire d’un nouveau terrain permettant d’emprunter une partie du tracé de l’ancienne voie de chemin de fer privée de la Mine de Saint-Germain/Barbery (voir plus loin).
Terminant ce nouveau circuit, une passerelle a été reconstruite au-dessus de la Laize, en lieu et place de l’ancienne emportée par la tempête de 1999. Cette réalisation permet la jonction entre le nouveau sentier et le carreau ; elle est due au travail efficace du personnel technique communal.
Après 10 kilomètres de marche au milieu des paysages verdoyants de la Vallée de la Laize, la centaine de promeneurs participant à la manifestation du 1er mai a pu se restaurer sur le site et bénéficier, l’après-midi, des visites guidées du musée proposées par nos mineurs.
Ce « 1
er Mai » restera comme l’un de ceux qui auront compté dans l’histoire du site et de son développement. Il a réuni, sur l’ensemble de la journée, plus de 300 visiteurs.

Un peu d’Histoire

L’extraction du minerai de fer à Saint-Germain-le-Vasson fut d’abord entreprise par la « Société des Mines de Barbery », à partir de 1899, sur le carreau des Fontaines (dans le bourg de Saint-Germain). Pour évacuer la production, une bifurcation fut réalisée afin de relier ce carreau à la ligne du tramway à vapeur départemental Falaise-Caen. Arrivé en gare de Caen, le minerai transporté était dirigé vers le port et partait pour l’exportation (essentiellement vers l’Allemagne). Du moins jusqu’en 1907, année où un important « coup d’eau » noya la mine et la condamna à une fermeture provisoire.
A la reprise, en 1911-1912, l’exploitation reprit presque exclusivement sur un nouveau carreau, celui du Livet, au cœur de la vallée. Le tramway ne pouvant emprunter des pentes de plus de 4 %, il n’était pas envisageable de relier le Livet à la voie départementale qui
traversait le bourg de Saint-Germain. On décida alors de réaliser une bifurcation par Urville (commune desservie elle aussi par le même tramway), en longeant la Laize. Les efforts colossaux déployés à l’époque pour créer cette ligne privée ne seront guère récompensés puisque la mine ferme une nouvelle fois, en 1914, avec le début de la Première Guerre mondiale et qu’elle ne rouvre qu’en 1924. La ligne est alors de nouveau utilisée mais, en 1931, la société qui exploite le Livet est absorbée par celle de Soumont qui possède déjà sa propre liaison ferroviaire avec les hauts-fourneaux de Mondeville et qui décide de ne plus remonter de minerai par le siège du Livet. En tout et pour tout, cette « ligne de la Laize » aura fonctionné 8 ou 9 ans.
De ce transport du minerai par le tramway départemental, on peut retenir notamment quelques chiffres éloquents : le tortillard (c’est comme ça qu’on avait surnommé le petit train) circulait à une allure moyenne de 13,8 km/h, sur une voie de 60 cm de largeur ; il lui fallait 2 200 litres d’eau et 500 kg de charbon pour relier Falaise à Caen (en 3h20 !) ; il ne pouvait tracter plus de 5 à 6 wagons de minerai à la fois (et il n’était pas rare de devoir scinder le convoi en deux pour monter certaines pentes !) et il comportait, en queue de rame, deux « voitures freins » pour ralentir le convoi dans les descentes...